#27 Chronique littéraire: Oyana par Eric Plamondon

Joyeux 1er mai à tous, j’espère que vous profitez tous de cette journée pour vous ressourcer et pour lire ! Je vous retrouve aujourd’hui pour une nouvelle chronique sur un livre assez court que j’ai lu la semaine dernière : Oyana écrit par Éric Plamondon et publié par Quidam éditeur. J’ai la chance de bien connaître l’auteur, étant donné qu’il a participé à l’édition londonienne de Festival America que j’avais organisé en Septembre dernier. Je l’ai revu au Salon du Livre de Paris en mars et c’était un grand plaisir de découvrir son nouveau roman, Oyana ! Non seulement Éric Plamondon est une personne humaine et chaleureuse, mais c’est également un auteur hors-pair. Son style d’écriture me fascine vraiment : chaque chapitre est comme une pièce d’un puzzle. On peut avoir un chapitre narratif, suivi d’un documentaire sur les baleines, suivi d’un texte historique ou d’un extrait de journal. Tout cela pour former une seule et même histoire. Mais dans ses romans, il y a une partie pour la fiction et une partie pour l’Histoire même, c’est cela que j’apprécie beaucoup, étant passionnée d’Histoire.

En plus, les livres de Quidam éditeur sont sublimes ! Couvertures en papier cartonné avec un design magnifique, une mise en page intérieure tout aussi réussie.

Pour en revenir à Oyana, voici un résumé, attention aux spoilers ! Oyana habite à Montréal, avec son mari, et un soir de mai 2018, elle décide de lui écrire une lettre pour lui dire la vérité. Toute la vérité sur elle et ses origines. Elle est née au pays basque mais a dû fuir le pays, à cause de son implication dans un attentat de l’ETA (Euskadi ta Askatasuna ou l’organisation indépendantiste armée basque). Sous une fausse identité, elle rencontre alors son mari au Mexique puis le suit à Montréal où ils passent de douces années ensemble. Elle essaie de lui expliquer ses choix, sa vie, son traumatisme et surtout sa fuite. Le 2 mai 2018, elle apprend que l’ETA a été dissout, elle pense donc pouvoir enfin rentrer au pays basque. Elle quitte donc Montréal dans le secret et rentre sur sa terre natale, retrouver ou pas ce qu’elle y a laissé.

Nous suivons donc le présent et le passé d’Oyana dans une alternance de chapitres, ainsi que l’évolution de l’ETA. Je ne connaissais rien ou pas grand chose au pays basque et à la lutte pour l’indépendance, mais je suis heureuse d’avoir lu ce roman et d’en savoir plus maintenant. C’est le genre de sujets auxquels je suis très sensible. En lisant les descriptions des scènes d’oppression et de massacre, j’ai l’impression d’être passée à côté d’une partie de l’histoire de l’Europe. Mais c’est surtout que jamais je n’en ai entendu parler en cours d’Histoire, ce que je trouve complètement anormal. Toute partie de l’Histoire, même pleine de violence, mérite qu’on s’en souvienne.

Pour ceux qui n’en savent pas grand chose, voici un petit aperçu : le pays basque est constitué de plusieurs provinces en France (Sud-Ouest) et en Espagne (Nord-Ouest) – entre Bayonne et Bilbao à l’Ouest. Sous le régime de Franco en Espagne, la langue et la culture basque ont presque disparu du pays basque par interdiction. L’ETA s’est alors formé non seulement pour lutter pour la chute du régime mais également pour l’indépendance du pays basque. L’identité culturelle et linguistique du pays étant menacée, les indépendantistes ont commencé à mener des attentats. En 1973, un attentat tue Luis Carrero Blanco, un des bras droit de Franco, chef du gouvernement. Cet attentat a joué un rôle clé dans la chute de Franco. Dans le roman, Oyana est la fille de l’un des acteurs de l’attaque.

Un deuxième élément important de cette histoire touche le lien qui unit les Basques et les baleines : les Basques étaient les premiers chasseurs de baleines en Atlantique Nord dès le XIè siècle, voire avant. Lorsqu’elle est enfant, Oyana assiste à la mort d’un cachalot échoué sur une plage près de chez elle. On y retrouve une scène pleine d’émotion lorsqu’elle croise le regard du cétacé. Elle souhaite également faire un reportage photo sur les baleines au Québec. Ces passages sur les cétacés nous ramènent à la nature qui reste très présente dans le roman, notamment lors du retour d’Oyana au pays basque. Les retrouvailles entre elle, le vent et la mer sont sublimes. On oublie trop souvent le lien qui unit les hommes à la nature, quand on grandit hors des villes, mais c’est un lien indestructible et infini. C’est cette dimension-là qui représente la littérature Québécoise pour moi, cette sensibilité à la nature. C’est ça que j’adore retrouver dans les romans d’Éric.

Ce roman change pourtant énormément de Taqawan qui se déroulait au Québec. J’ai trouvé beaucoup plus de suspens en lisant Oyana, à cause du danger de mort qui guette Oyana. Je devais absolument finir le roman ! Il y en avait également dans Taqawan mais développé d’une autre façon. Quoiqu’il en soit, j’ai adoré les deux. Ils sont très différents et c’est dur de les comparer.

Tout ce que je sais c’est que je continuerais à lire les romans d’Éric Plamondon que je considère vraiment comme un artiste engagé. Ce roman très court, plein de violence, de sensibilité et de connexion à la nature saura vous faire voyager, et comme moi découvrir une partie cachée de l’Histoire. Un 5 ⭐ bien mérité pour cette belle leçon de vie !

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